Miroir, mon beau miroir…

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Dans notre société où les besoins primaires sont comblés pour la majorité d’entre nous, nous avons développé d’autres préoccupations : comme en témoignent par exemple l’importance accordée à la mode et aux cosmétiques, ou l’engouement pour les appareils de fitness et les salles de musculation, l’apparence physique arrive en bonne position pour bon nombre d’entre nous parmi ces préoccupations ! A des niveaux variés, aucune classe socio-économique n’ignore cette tendance, et la s’est à son tour démocratisée et banalisée depuis une dizaine d’années.

Conséquence de ce mouvement, nombreux sont ceux qui s’insurgent maintenant contre ce qu’ils appellent la « dictature de la beauté ». Et les inquiétudes qu’ils expriment sont parfois tout à fait compréhensibles :

- la beauté serait devenue le symbole de la performance et de la réussite, les pressions exercées par ce phénomène risquant même de provoquer des angoisses et des phénomènes narcissiques chez les personnes les plus fragiles.

- le corollaire de cette observation impliquerait que, consciemment ou non, une discrimination basée sur l’apparence physique serait omniprésente dans notre société.

En réalité la beauté et la jeunesse ont toujours été recherchées et célébrées par l’homme. Cette discrimination existe donc bel et bien… mais le phénomène n’est pas nouveau ! C’est injuste mais c’est ainsi : et s’il est naturel d’aimer ce qui est plaisant à l’oeil… cela ne signifie pas pour autant que l’apparence physique est ce qui fait la valeur d’une personne !

Une fois rappelée cette évidence, intéressons nous aux milliers de personnes qui ont eu recours à la  : s’agit-il réellement d’êtres purement narcissiques et superficiels, ignorants des valeurs du coeur et de l’esprit ?…Ou peut-on espérer qu’il y ait quelque chose de plus profond dans leur motivation à franchir le pas ?

Tous les psys vous le diront, il faut d’abord se plaire à soi même avant de penser être capable de séduire les autres. Dans ce cas, comment peut-on reprocher à quelqu’un de vouloir corriger ce qui lui enlève une partie de sa confiance ? Faudrait-il continuer à accepter par humilité ce que le bon dieu ou la nature a bien voulu nous donner ? La réalité est que la peut vraiment soutenir les personnes dans leur quête de confiance et d’estime de soi… à condition qu’elles le fassent pour améliorer leur image à leurs propres yeux et non pour plaire à quelqu’un d’autre ou pour correspondre à des « standards » de beauté ! Améliorer ce qui peut l’être et accepter ce qui ne le peut pas, voici la règle d’or… finalement, la c’est comme beaucoup de choses dans la vie ;) !

Encore à un autre niveau, le recours à la reflète parfois la peur de vieillir et, au delà d’elle, la peur de mourir. Encore plus dans notre société, qui accorde de moins en moins de place à la vieillesse, on a peur de ne plus plaire ou de se sentir inutile. Certes, cette peur de vieillir ne doit pas tourner à l’obsession, et accepter de vieillir est sans doute le secret pour vivre le mieux possible chaque étape de la vie. Mais comme la quête de la beauté,  la peur de vieillir est tout à fait légitime et, là encore, quelle objection peut-on invoquer à ceux qui cherchent à préserver ou à restaurer leur plénitude physique ?

Malheureusement, il y aura toujours des âmes bien pensantes pour nier aux autres le droit de faire ce qu’ils veulent de leur corps, comme si les préoccupations physiques excluaient les préoccupations intellectuelles et morales.

Finalement, quelles que soient les motivations pour recourir à la , l’important est de remettre la personne en accord avec elle-même et avec son histoire. C’est quand on perd de vue cet objectif que la risque d’être utilisée comme un outil de normalisation. On comprend alors dans ce cas, que certaines stars d’Hollywood tentent de lutter contre la pression en créant une ligue « anti-chirurgie esthétique » !

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Je vous ai parlé ici de l’augmentation mammaire par injection d’ (Macrolane) qui avait été présentée ces derniers mois dans la presse généraliste comme une technique révolutionnaire dans la , augurant même pour certains la fin prochaine des prothèses mammaires…

Le sujet est de nouveau d’actualité puisque l’Afssaps vient d’interdire cette technique.

Pourtant, les patientes avaient de prime abord de quoi être séduites, puisqu’il s’agissait de réaliser une augmentation mammaire sans prothèses par des injections d’un gel d’ dans les seins. L’opération était réalisée sous anesthésie locale, ce qui permettait une reprise rapide des activités.

Jusqu’à ce jour en France, seul le Macrolane, un produit à base d’ injectable était autorisé dans cette indication (pour rappel l’utilisation de silicone liquide injectable à visée esthétique avait déjà été interdite par décision de l’Afssaps du 31 mai 2000). Il s’agit d’un gel lentement  résorbable,  éliminé par le corps sur une durée de 18 à 24 mois, cette durée étant variable en fonction du volume injecté, de l’âge et des activités quotidiennes de la patiente.

En réalité cette technique est restée assez peu répandue : sur trois ans, environ 2500 personnes en France y ont eu recours. (A comparer aux quelques 20 000 augmentations mammaires par prothèses réalisées chaque année !)

Les raisons du faible engouement pour cette technique étaient multiples :

- d’une part elle ne permettait que des augmentations de volume très modérées : en gros, la patiente pouvait gagner une demi taille de bonnet… pas question donc de passer d’un petit A à un décolleté plongeant !

- ensuite, le coût du produit était important pour un résultat temporaire…

-…puisqu’enfin, du  fait du caractère résorbable de l’, cette  procédure  impliquait  des ré-interventions régulières, tous les 18 mois environ, pour maintenir les résultats obtenus.

Mais la principale raison à la faible diffusion de cette technique est que la plupart des chirurgiens eux-mêmes n’étaient pas convaincus !

En effet, nous sommes nombreux dans la profession à avoir refusé de réaliser ces injections, car nous soupçonnions, d’une part, des risques  de  perturbation des  mammographies (les radiographies nécessaires au dépistage et au diagnostic du cancer du sein)  et d’autre part,  des  difficultés  de  palpation  des  seins  lors de l’examen clinique gynécologique. Le problème est qu’en cas de cancer du sein, ces difficultés risquent de retarder la mise en place des traitements médicaux adaptés…

…et, sans vouloir vous faire peur, ne croyez pas que ce risque soit anecdotique, puisque dans la population générale une femme sur 9 est actuellement touchée par le cancer du sein !

Pour les patientes qui ont eu recours à cette technique, il n’y a cependant pas d’inquiétude à avoir.

Aucun événement indésirable grave n’a été mis en évidence au cours de ces trois dernières années d’utilisation en France comme en Europe. En particulier il n’a pas été noté d’augmentation du risque du cancer du sein en lui-même. Vous ne nécessitez donc pas de suivi médical particulier autre que celui prévu par votre chirurgien : en pratique le produit fondra en 18 à 24 mois sans autre séquelle pour vous… qu’un retour à la case départ !!

Simplement, si vous êtes amenée à réaliser une mammographie ou une échographie mammaire dans les années qui viennent, il faudra mentionner ce fait au radiologue, en précisant la date de l’injection.

Pour finir, il faut signaler que cette décision est spécifique aux injections dans les seins et ne remet pas en question les autres  injections d’ , en particulier dans le visage en comblement des rides et pour l’augmentation de volume des lèvres…car ici, pas de risque de perturbation des mammographies !

On me demande souvent en consultation si il est possible de réaliser deux (voire trois ou quatre !) opérations de en même temps.

Il peut s’agir de patientes qui souhaitent réaliser deux opérations qui n’ont rien à voir entre elles : comme « profiter » d’une rhinoplastie pour se faire poser des prothèses mammaires, ou se faire retendre le ventre à l’occasion d’un lifting du visage… mais le plus souvent il s’agit de patients anciennement obèses qui ont perdu beaucoup de poids après une chirurgie bariatrique (c’est-à-dire après un anneau gastrique ou un by pass) : dans ce cas, la perte de poids peut parfois aller jusqu’à 70 kg ! Après un tel amaigrissement les tissus sont distendus et relâchés non seulement au niveau du ventre, mais aussi au niveau de la poitrine, des bras et des cuisses… et le plan de traitement complet comprend une plastie abdominale, une chirurgie de la ptôse mammaire pour « remonter » des seins affaissés, un lifting des bras et des cuisses pour retendre la peau qui tombe, et parfois une !

On comprend que ces patients aimeraient régler le problème rapidement et une (bonne) fois pour toutes, le but étant de ne subir qu’une seule anesthésie générale et de n’être hospitalisé qu’une seule fois. Un autre avantage est l’économie d’une partie des frais d’hospitalisation. Malheureusement ça n’est pas toujours possible. Ou du moins ça n’est à mon avis pas toujours raisonnable…

En effet il faut savoir qu’en chirurgie, les risques principaux et en particulier celui de faire une phlébite dans les jambes ou une embolie pulmonaire (et il s’agit d’un risque vital !) sont liés à la durée de l’intervention, et qu’ils augmentent de façon exponentielle avec celle-ci. Il n’est donc possible de faire deux opérations de en même temps que s’il s’agit d’opérations assez courtes et que la durée globale estimée des deux opérations n’excède pas 4 heures : en effet, au delà de quatre heures d’intervention , les risques de complications postopératoires augmentent  de  façon importante.

Par exemple on peut sans problème associer des prothèses mammaires à une petite liposuccion, ou un lifting du visage à une chirurgie des paupières. Mais, même si je comprends tout à fait la demande et les motivations des patientes, pas question de céder à la pression et de réaliser en même temps, une plastie abdominale et une réduction mammaire ou une rhinoplastie  ! N’oublions pas qu’il s’agit de et qu’ici plus qu’ailleurs il faut éviter de prendre des risques inutiles… même si on est pressée !

Il y a un an, je publiais un article intitulé Y a-t-il une alternative à la liposuccion ?, dans lequel je recensais les différentes techniques non chirurgicales susceptibles de nous débarrasser des surcharges graisseuses localisées, comme la culotte de cheval ou les poignées d’amour… sans avoir recours à une anesthésie générale, sans hospitalisation et sans bloc opératoire.

J’avais notamment mentionné l’inefficacité et la dangerosité des techniques comme la et la lipotomie (également appelée lipolyse).

Un an plus tard, ces techniques qui restaient perçues comme moins lourdes et moins contraignantes qu’une opération de liposuccion sont officiellement interdites par la Haute Autorité de Santé.

La HAS stipule dans son communiqué que ces techniques présentent « un danger grave ou une suspicion de danger grave pour la santé des personnes qui y auraient recours. »

En effet, toutes les techniques de lyse adipocytaire à visée esthétique, c’est-à-dire tous les procédés qui visent à détruire les cellules graisseuses (appelés adipocytes) sans les extraire de l’organisme sont dorénavant interdites.
Le problème avec ces techniques vient du fait qu’une fois les cellules détruites sous la peau, celles-ci restent dans le corps du patient… et des tissus morts dans le corps d’un patient ne demandent qu’une chose…c’est de s’infecter !!

La liposuccion (ou ) reste donc le seul procédé efficace pour éliminer les surcharges graisseuses.

Cela signifie t-il qu’elle est totalement sans danger ?

Non bien sûr. Comme pour toutes les opérations il peut exister des complications…mais celles ci sont beaucoup moins fréquentes et leur gravité est sans commune mesure avec celles qui pouvaient suivre une lipotomie : le taux de complications graves après liposuccion a été évalué à 0.68 pour 1000 dans une étude américaine.

C’est la lourdeur de la procédure qui garantit l’efficacité et surtout la sûreté de cette opération.

C’est justement parce que cette technique est réalisée dans un environnement stérile au bloc opératoire, et que la graisse n’est pas détruite mais bien extraite du corps, que les risques d’infection sont minimes.
En fait le risque principal de la liposuccion est de faire une phlébite, c’est-à-dire qu’un caillot de sang se forme dans une veine. Ce n’est pas une complication spécifique à la , elle peut arriver après tout type de chirurgie (surtout la chirurgie des membres inférieurs) et c’est justement parce que cette technique nécessite une hospitalisation dans un environnement médical avec un chirurgien et un anesthésiste, que cette complication peut être le mieux prévenue, ou traitée le cas échéant.

Restent les techniques sans danger, comme le CelluM6 ou , qui a uniquement une action mécanique sur la cellulite en reproduisant le palper rouler à l’aide d’une machine… Ou encore les crèmes minceur, absolument sans danger elles aussi…

Maintenant, pour juger de l’efficacité de ces 2 techniques, je ne vais pas prendre le risque de me fâcher avec des labos et des marques de cosmétiques qui annoncent 80% d’efficacité, en donnant mon avis sur ces pages.
S’ils le disent, c’est que c’est vrai, non ? ;)

Récemment une patiente m’a dit d’un air résigné, après sa première injection de Botox au cabinet : « Bon, maintenant que j’ai commencé, je pense que je vais devenir addict… »

Je lui avais pourtant expliqué avant de réaliser les injections que si l’effet lui plaisait et qu’elle souhaitait avoir un résultat stable, elle pourrait refaire des injections 4 mois plus tard, puis régulièrement au rythme de deux fois par an, mais que ça n’était absolument pas une obligation.

En effet, rien n’empêche de « tester » des injections et de ne jamais y revenir, ou de les espacer de une ou plusieurs années ! Certain(e)s font des injections une fois par an avant l’été, d’autres reviennent encore moins souvent, pour se faire plaisir lors d’une occasion spéciale, ou se remonter le moral après un coup dur…

Alors d’où vient cette croyance que l’on pourrait développer une addiction au Botox ?

Il semble que toute cette polémique soit née d’un unique article relatant les résultats d’une étude anglaise menée par les docteurs Martin Kelly, chirurgien plasticien, et Carter Singh, psychologue.

Selon cette étude, quatre personnes sur dix ayant reçu des injections de Botox à but esthétique ont exprimé un « besoin compulsif » de recourir à de nouvelles injections pour maintenir leur apparence plus jeune.

ils en concluent donc les effets addictifs du Botox chez certaines personnes.

En dehors du fait que la méthodologie de cette étude est grandement discutable sur le plan de la rigueur scientifique, la conclusion de leurs auteurs, l’est plus encore.

Peut on réellement parler d’addiction pour une procédure que l’on réalise à un rythme de deux fois par an… puisqu’on sait que si les injections de Botox sont réalisées plus souvent, le patient développe des anticorps contre la toxine et que celle-ci arrête d’agir ?

D’autre part, la définition médicale d’une addiction, ou d’une dépendance, implique la répétition irrépressible d’une envie, bien que le sujet soit conscient des effets néfastes sur sa santé et qu’il réalise des efforts pour s’y soustraire.

Or le Botox, même utilisé régulièrement ne présente pas d’effets néfastes pour la santé ! CE N’EST PAS UNE DROGUE ET ENCORE MOINS UN POISON !! (oui, je le prend mal quand on me soupçonne de vouloir empoisonner sciemment mes patients !! ;) )

Il n’y a pas d’addiction physique au Botox.

Au contraire, il y aurait addiction physique si, quand les effets s’estompent, le problème (en l’occurrence les rides) revenait aggravé.

Dans ce cas, le patient aurait besoin de plus en plus de produit pour obtenir les mêmes effets. En réalité c’est exactement l’inverse qui se produit avec le Botox : avec le temps et la répétition des injections, les quantités nécessaires pour obtenir les mêmes effets sont de plus en plus faibles.

Mais il existe des patients qui en demandent toujours « plus ».

…et qui ne seront jamais satisfaits de leur apparence, malgré la à répétition… Chez ces personnes qui présentent effectivement une faille psychologique, les injections sont là pour combler un manque.
Il s’agit souvent de personnes hyper centrées sur le paraître, et quand, justement le résultat des injections disparaît, elles se retrouvent face aux problèmes qu’elles ont tenté d’occulter.

Et c’est toujours plus vendeur médiatiquement de mettre le doigt sur ces cas extrêmes (et les peurs irrationnelles qu’ils véhiculent) que de relater des faits scientifiques rébarbatifs.

L’étude citée plus haut, comme certains articles qu’on retrouve en presse féminine, en sont les illustrations parfaites.

(heureusement, tout n’est pas perdu ! Vous m’avez moi pour les faits scientifiques rébarbatifs pour les nuls :) )

Belle et indépendante

J.W. Waterhouse - Cléopâtre - DR

A l’heure où le féminisme revendique le droit pour la femme à disposer de son propre corps (principe qui était déjà le fondement des lois sur la contraception en 1967 et sur l’avortement en 1975), n’est-il pas paradoxal que la soit encore souvent perçue comme un moyen d’asservir la femme ?

C’est presque une banalité de dire que les femmes sont soumises aux diktats de la beauté assénés par les magazines et que, victimes de leur propre époque, elles sont quasi contraintes à passer sous le bistouri pour rester compétitives dans le monde du travail.

N’allez pas me faire croire, que quand les femmes, ne travaillaient pas, ne subissaient pas la pression de la société et que les Elle, Vogue et autres Marie Claire n’étaient pas là pour leur imposer des « diktats », ces dames étaient des gros thons ! Qu’elles ne se maquillaient pas, ne se coiffaient pas, ne se regardaient jamais dans un miroir et se sentaient parfaitement bien dans leur peau si elles pesaient 95kg pour 1m60…

Comme si la recherche de la beauté n’avait pas toujours existé chez la femme ! Et comme si on ne pouvait pas choisir d’être belle ET indépendante !

Ados : du piercing… aux prothèses ?

Philippe-Geluck.le-chat-DR

Les adolescents doivent-ils attendre d’être adultes pour recourir à la ?

Je suis régulièrement confrontée à des demandes de chez des patients et des patientes mineurs. Les demandes les plus fréquentes concernent la poitrine (diminution, augmentation, ou correction d’une asymétrie ou d’une malformation), la silhouette (surtout la liposuccion de la culotte de cheval) et le nez.

Dans ce pêle-mêle d’interventions, qui ont toutes pour but de réaliser des modifications corporelles, il faut bien comprendre ce qu’il y a derrière cette envie de changement : s’agit-il, comme pour la réalisation de tatouages ou de piercings, d’une manière pour l’adolescent de s’approprier son corps, à un moment où ses transformations et la quête identitaire sont sources d’angoisse ? Ou le but est-il de traiter une souffrance psychologique, un complexe  réellement liée à une différence physique ? C’est seulement dans ce dernier cas, et uniquement en présence d’un défaut physique avéré, que la peut être réalisée chez l’adolescent.

Quand à l’âge à partir duquel l’opération peut être réalisée chez l’adolescent, il faut distinguer la localisation, selon qu’il s’agit d’une chirurgie du visage, des seins ou de la silhouette.

Concernant la chirurgie de réduction mammaire (eh oui, messieurs, je vois votre air interloqué !… c’est pourtant une chirurgie très répandue :) !), il est admis que l’on peut intervenir à la fin de l’adolescence, à partir de 16-17 ans quand les seins sont très volumineux et que cette hypertrophie entraîne des conséquences d’ordre physique (scoliose, douleurs dorsales…) et psychologique (complexes, difficultés à s’habiller…). Cette intervention peut réellement transformer psychologiquement une adolescente qui était inhibée, et lui permettre de pratiquer sans complexes certains sports qu’elle s’interdisait jusqu’alors.

La demande inverse de correction d’une poitrine trop petite est également de plus en plus fréquente chez les adolescentes. L’opération peut être réalisée vers 17-18 ans mais sur ce type d’intervention il faut être particulièrement vigilant. Je n’accepte d’opérer des patientes à cet âge uniquement en cas d’absence totale de seins, avec une taille de bonnet inférieure à A, ou si elles présentent un syndrome malformatif comme une assymétrie importante des deux seins. Ces critères correspondent d’ailleurs aux conditions de prise en charge par la sécurité sociale, ce qui signifie que dans ces cas, l’opération est considérée comme de la chirurgie reconstructrice et non pas comme de la .

Les demandes de liposuccion sont également fréquentes, mais, là encore, seules certaines doivent être satisfaites. Il s’agit de – très rares – jeunes filles qui ont une culotte de cheval, très localisée et importante apparue au moment de la puberté. Aucun sport ni aucun régime, aussi sévère soit-il, ne pourra faire fondre cette graisse qui a souvent une cause génétique. Lorsqu’elle s’accompagne d’une souffrance psychologique importante et que la déformation est majeure, une liposuccion peut être réalisée, après stabilisation du poids, dès la fin de la croissance staturo-pondérale, vers 17-18ans.

Enfin les demandes de correction d’un nez proéminent ou dévié ne sont pas rares non plus. Mais l’adolescence est une période charnière de la construction de l’identité, pendant laquelle il est préférable d’éviter des interventions au niveau du visage qui peuvent être déstabilisantes. Pour réaliser une rhinoplastie il faut vraiment que la déformation soit majeure, et il faut attendre que la croissance des cartilages du nez soit terminée, c’est-à-dire pas avant 16-17 ans.

Dans tous les cas, le consentement du patient ainsi que celui des deux parents est bien évidemment indispensable.

A l’opposé de ces opérations, qui relèvent souvent plutôt de la reconstruction, se trouvent les gestes de chirurgie ou de médecine esthétique pure, comme par exemple le Botox, puisqu’ apparemment, c’est la mode chez les starlettes de faire sa première injection à 12 ans et demi !… J’ai mon avis là-dessus, qui relève du bon sens, et ce qui est sûr, c’est que si Charice vient me voir pour du Botox elle ne reviendra pas deux fois ;) … Mais en réalité cette demande est quasiment inexistante en France et à mon avis c’est surtout un moyen pour ces actrices/chanteuses/modèles de faire parler d’elles !

- Bangkok - DR

A l’heure du développement du tourisme médical « discount » à l’étranger, on me demande souvent pourquoi la est si chère.

Effectivement, pour qui souhaite de « nouveaux seins », un nez plus petit et plus harmonieux, ou un « rajeunissement » du visage, l’opération a un coût qui peut être important.
Par exemple, il faut compter entre 3 000 et 5 500 euros pour des prothèses mammaires et au moins 2 500 euros pour une rhinoplastie… ce qui peut demander de sacrifier ses vacances ou de faire l’impasse sur les soldes :( !

En réalité, le coût d’une opération de est sensiblement le même que celui d’une prothèse de hanche ou que d’un pontage cardiaque (je simplifie à peine…).

Sauf qu’en France, comme ces interventions sont prises en charge par la sécurité sociale et par les mutuelles, les patients ignorent le plus souvent le montant de la facture !

N’oublions pas que nous bénéficions (encore pour longtemps je l’espère…) d’un des systèmes de protection sociale les plus performants au monde !

Les interventions de n’étant bien évidemment pas remboursées par la sécu, c’est le patient qui supporte la totalité du coût de l’intervention.

Alors que recouvre ce coût ?

Est-ce que tout va « dans la poche » du chirurgien ?

À mon grand regret, évidemment non ;) .

Le prix d’une opération de inclut :
- la chambre d’hospitalisation,
- le bloc opératoire avec le matériel (instruments chirurgicaux, fils de suture, respirateur, stérilisation…),
- le personnel (infirmière de bloc opératoire, infirmière anesthésiste, aides soignantes, brancardiers…),
- les honoraires de l’anesthésiste,
- (éventuellement) le coût des implants pour les prothèses mammaires, par exemple,
- enfin, les honoraires du chirurgien

Les honoraires de l’anesthésiste et du chirurgien servent eux-même à couvrir les différentes charges indispensables au maintien de la qualité des soins dispensés, comme l’aide opératoire, l’assurance en responsabilité, la lutte contre les infections nosocomiales, et l’informatisation du dossier médical.

En conclusion, si des prix élevés ne sont pas toujours un gage de qualité,  il faut à l’inverse se méfier de la à prix discount et s’orienter vers un chirurgien « au juste coût » !

Albator - Leiji Matsumoto - DR

… peut-on faire disparaître une ?

Le chirurgien plasticien est le chirurgien spécialiste de la peau, au même titre que le chirurgien orthopédiste est celui des os ou que le neurochirurgien est celui du cerveau.

Il est donc le spécialiste des cicatrices.

Il faut savoir que toute plaie profonde et toute chirurgie (même la !!) entraîne une qu’il est aujourd’hui impossible d’effacer complètement…  Et il n’existe à ce jour aucun procédé miracle, pommade, crème ou capable de faire totalement disparaître une !

Finalement on ne sait pas encore très bien ce qui fait qu’une sera « belle » ou « moche » car la cicatrisation dépend de  nombreux facteurs qui ne sont pas tous contrôlables. La seule chose que le chirurgien peut maîtriser c’est la technique de la suture… mais la qualité de la peau du patient et ses capacités de régénération sont au moins aussi importants dans le processus de cicatrisation :

• Initialement, le jour de l’ablation des points de suture (au bout d’une à trois semaines selon la localisation), la est habituellement discrète, c’est à dire fine et linéaire.

• Mais dans les 3 à 6 mois qui suivent, les choses se compliquent pour le patient, du moins en apparence, car la devient rouge, dure, légèrement boursouflée, et commence à gratter…

Cette réaction est en réalité parfaitement normale et s’atténue ensuite petit à petit : la commence alors à blanchir, à s’aplatir, à s’assouplir, et prend progressivement son aspect définitif en douze mois environ.

Finalement,  la cicatrisation est un processus naturel très long qui évolue pendant plusieurs mois. C’est pendant ces premiers mois que la doit être protégée du soleil (sinon elle risque de se « tatouer » définitivement).

Heureusement, même si toute est définitive, il est parfois possible de l’améliorer, ou de l’atténuer si elle est particulièrement disgracieuse.

Le but est de remplacer une pathologique « anormale »  (élargie, boursouflée, douloureuse…) par une autre, moins visible.

Mais avant de chercher à « améliorer » une , il faut attendre la fin du processus de cicatrisation, c’est-à-dire environ 1 an.

Bien sûr le traitement dépend de la cause de la :

Dans certains cas, comme par exemple pour les cicatrices d’accident, une opération est nécessaire pour retirer chirurgicalement la défectueuse et refermer avec une technique de suture parfaite pour obtenir une nouvelle plus discrète.
Pour les cicatrices plus étendues, comme par exemple les séquelles de brûlures, le chirurgien peut être amené à utiliser des techniques plus complexes comme des greffes de peau : un « patch » de peau saine est prélevé ailleurs sur le corps du patient (le plus souvent à l’intérieur de la cuisse ou sur la tête pour laisser le moins de marques possible) et est suturé à la place de la . Comme la peau provient de la même personne il n’y a pas de risque de rejet.

D’autre techniques, comme le ou les peelings peuvent atténuer certaines cicatrices du visage, comme les cicatrices d’acné.

Enfin, les peaux noires ou les asiatiques peuvent développer des cicatrices particulières, très boursouflées et parfois très invalidantes dites « chéloïdes » : sur de simples trous de piercing il m’est arrivé de voir des cicatrices géantes, de la taille d’une balle de ping pong !! Dans ce cas, le meilleur traitement est de retirer partiellement la en associant des injections de corticoïdes directement dans la .

Mais encore aujourd’hui, certaines cicatrices ne peuvent pas être améliorées. Il faut apprendre à vivre avec et à leur trouver du charme, une sorte de « marque de fabrique » qui nous caractérise et qui nous rend uniques…

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De la même façon qu’un professeur travaille dans un lycée, un trader dans une salle des marchés, ou un graphiste dans un open space, le chirurgien travaille dans un bloc opératoire.

Le bloc c’est le bureau du chirurgien !

Ceux et celles d’entre vous qui se sont déjà fait opérer ont pu entrapercevoir ce qui se passe dans un bloc opératoire… Depuis votre chambre d’hospitalisation, jusqu’à la salle d’opération, vous avez rencontré tous les intervenants qui étaient là pendant votre intervention.

Pour les autres, permettez-moi de vous présenter les membres de l’équipe.

- Le brancardier (appelons-le Thierry pour la suite): c’est lui qui vient vous chercher dans votre chambre pour vous amener jusqu’au bloc opératoire (dans votre lit s’il vous plait !), en passant par un dédale de couloirs, des ascenseurs qui lui sont réservés, et des passages secrets connus de lui seul.

L’infirmière de bloc opératoire (que nous appellerons Chantal) : elle vous accueille à votre arrivée au bloc, répond à vos questions et prend connaissance de votre dossier.

- Elle est suivie de près par Muriel, l’infirmière anesthésiste, collaboratrice de Jean-Luc, le médecin anesthésiste qui vous accueillent à leur tour et vous posent le goutte à goutte (on dit une perfusion) avant d’aller préparer et contrôler le matériel d’anesthésie en salle d’opération.

- Le chirurgien (que nous appellerons sobrement MOI :) ) peut alors vous voir, pour répondre à vos dernières questions et pour réaliser les éventuels dessins préopératoire (ce sont les repères pour l’intervention qu’il réalise au marqueur indélébile, directement sur la peau).

Après, c’est le retour de Thierry, qui vous transporte (en brancard cette fois) jusqu’à la salle d’opération.

Puis tout va très vite, on déclenche l’anesthésie : Muriel vous fait respirer de l’oxygène dans un masque pendant que Jean-Luc « pousse » la seringue d’anesthésiant par le goutte à goutte.

De son côté, Chantal prépare les instruments stériles qui seront utilisés pendant l’opération et Thierry s’affaire autour de vous pour vérifier que vous êtes bien installé(e)…

Et après ? Que se passe t-il pendant que vous dormez, plongé dans un profond sommeil « artificiel » par les anesthésistes ?

L’opération ne commence pas encore.

Avant, il faut que Muriel insère dans votre gorge le tube (la sonde d’intubation) qui permettra d’apporter de l’oxygène à vos poumons pendant que vous dormirez.
Il faut ensuite vous « installer » dans la position adéquate pour l’opération : simplement sur le dos pour une opération du ventre, en position assise pour des prothèses mammaires (eh oui !) ou encore sur le ventre pour une liposuccion des hanches… C’est une étape très importante de la préparation et c’est à la fois le rôle de Thierry, de Jean-Luc et MOI.

Une fois que vous êtes installé confortablement, Chantal, l’infirmière de bloc (si si, vous suivez toujours. ;) ) est chargée de la « préparation cutanée » : elle badigeonne avec de la Bétadine toute la zone qui va être opérée et qui sera dans le champ opératoire pour limiter au maximum le risque d’infection.

Le chirurgien (MOI) va se laver les mains. Il met sa casaque et ses gants stériles. Il rebadigeonne votre peau avec de la Bétadine (ne lésinons point ! On ne prend pas de risque avec les microbes !) et délimite la zone opératoire par des champs autocollants.

A ce stade tout l’environnement de chirurgien est stérile. Personne ne peut plus le toucher. Personne ne peut le déranger. C’est bien. L’opération proprement dite peut commencer.

Éventuellement,  le chirurgien peut demander à Chantal de lui mettre une petite musique douce qui va bien et à l’anesthésiste de lui apporter un café. (ce monde est perfectible, on n’a pas encore inventé le café stérile…)

Une fois l’opération terminée, il fait le pansement avec Chantal, puis Jean-Luc et Muriel vous réveillent et retirent la sonde d’intubation.

C’est le retour de Thierry, qui vous emmène en salle de réveil et qui vous ramènera dans votre chambre quand vous serez complètement réveillé(e) et que votre état sera stabilisé.

Pour vous la boucle est bouclée. Avec un nez plus droit ou des seins un peu plus gros, vous adressez un sourire d’encouragement à Julie, votre voisine de chambre qui part au bloc pour se faire réduire la poitrine.

*Les prénoms utilisés sont inventés, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite
**Aucun anesthésiste, infirmière ou brancardier n’a été blessée dans la narration de cette histoire
***Aucun patient non plus, grâce au formidable travail conjoint de toute cette petite équipe
****Julie va bien, je vous raconterai peut être son histoire lors d’un prochain post…:)

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