Dans notre société où les besoins primaires sont comblés pour la majorité d’entre nous, nous avons développé d’autres préoccupations : comme en témoignent par exemple l’importance accordée à la mode et aux cosmétiques, ou l’engouement pour les appareils de fitness et les salles de musculation, l’apparence physique arrive en bonne position pour bon nombre d’entre nous parmi ces préoccupations ! A des niveaux variés, aucune classe socio-économique n’ignore cette tendance, et la chirurgie esthétique s’est à son tour démocratisée et banalisée depuis une dizaine d’années.
Conséquence de ce mouvement, nombreux sont ceux qui s’insurgent maintenant contre ce qu’ils appellent la « dictature de la beauté ». Et les inquiétudes qu’ils expriment sont parfois tout à fait compréhensibles :
- la beauté serait devenue le symbole de la performance et de la réussite, les pressions exercées par ce phénomène risquant même de provoquer des angoisses et des phénomènes narcissiques chez les personnes les plus fragiles.
- le corollaire de cette observation impliquerait que, consciemment ou non, une discrimination basée sur l’apparence physique serait omniprésente dans notre société.
En réalité la beauté et la jeunesse ont toujours été recherchées et célébrées par l’homme. Cette discrimination existe donc bel et bien… mais le phénomène n’est pas nouveau ! C’est injuste mais c’est ainsi : et s’il est naturel d’aimer ce qui est plaisant à l’oeil… cela ne signifie pas pour autant que l’apparence physique est ce qui fait la valeur d’une personne !
Une fois rappelée cette évidence, intéressons nous aux milliers de personnes qui ont eu recours à la chirurgie esthétique : s’agit-il réellement d’êtres purement narcissiques et superficiels, ignorants des valeurs du coeur et de l’esprit ?…Ou peut-on espérer qu’il y ait quelque chose de plus profond dans leur motivation à franchir le pas ?
Tous les psys vous le diront, il faut d’abord se plaire à soi même avant de penser être capable de séduire les autres. Dans ce cas, comment peut-on reprocher à quelqu’un de vouloir corriger ce qui lui enlève une partie de sa confiance ? Faudrait-il continuer à accepter par humilité ce que le bon dieu ou la nature a bien voulu nous donner ? La réalité est que la chirurgie esthétique peut vraiment soutenir les personnes dans leur quête de confiance et d’estime de soi… à condition qu’elles le fassent pour améliorer leur image à leurs propres yeux et non pour plaire à quelqu’un d’autre ou pour correspondre à des « standards » de beauté ! Améliorer ce qui peut l’être et accepter ce qui ne le peut pas, voici la règle d’or… finalement, la chirurgie esthétique c’est comme beaucoup de choses dans la vie
!
Encore à un autre niveau, le recours à la chirurgie esthétique reflète parfois la peur de vieillir et, au delà d’elle, la peur de mourir. Encore plus dans notre société, qui accorde de moins en moins de place à la vieillesse, on a peur de ne plus plaire ou de se sentir inutile. Certes, cette peur de vieillir ne doit pas tourner à l’obsession, et accepter de vieillir est sans doute le secret pour vivre le mieux possible chaque étape de la vie. Mais comme la quête de la beauté, la peur de vieillir est tout à fait légitime et, là encore, quelle objection peut-on invoquer à ceux qui cherchent à préserver ou à restaurer leur plénitude physique ?
Malheureusement, il y aura toujours des âmes bien pensantes pour nier aux autres le droit de faire ce qu’ils veulent de leur corps, comme si les préoccupations physiques excluaient les préoccupations intellectuelles et morales.
Finalement, quelles que soient les motivations pour recourir à la chirurgie esthétique, l’important est de remettre la personne en accord avec elle-même et avec son histoire. C’est quand on perd de vue cet objectif que la chirurgie esthétique risque d’être utilisée comme un outil de normalisation. On comprend alors dans ce cas, que certaines stars d’Hollywood tentent de lutter contre la pression en créant une ligue « anti-chirurgie esthétique » !









